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Alice Marie

Alice Marie

 

Août 1941 : à la suite d’une dénonciation, une famille de sympathisants du groupe “Jean de Vienne” est arrêtée. Alice Marie née Merlin, 55 ans, épouse de Gaston Marie, 43 ans, et la fille que Gaston Marie a eu d’un premier mariage, Andrée Marie, 20 ans.

Alice Marie tient une épicerie, 63 rue Lamartine. Un jour de juin 1940, elle voit revenir à son magasin son mari en compagnie de deux hommes : Ce sont des soldats anglais. Il faut les cacher.

L’un était un Londonnien, prénommé John. L’autre un écossais, Alex.

Sans hésiter, Alice Marie accepte de les héberger. son épicerie lui procure les possibilités de ravitaillement pour nourrir les deux bouches supplémentaires, le temps nécessaire à leur évacuation.

Pendant un an, les deux Tommies vécurent à l’insu de la plupart dans cette humble boutique de la Nouvelle-France.

En juillet 1941, John fut pris en charge par le réseau “Jean de Vienne” et emmené en France non occupée où il arriva sans encombre. Le tour d’Alex allait arriver quand la Feldgendarmerie fit son apparition le 8 août. Aux policiers, Mme Marie prétendit qu’Alex était un fils qu’elle avait eu d’un premier mariage avec un Anglais, mais la ruse ne fonctionna pas. Ce jour là, M. Marie et son fils (né d’un premier mariage), également prénommé Gaston, âgé de 14 ans, se trouvaient au travail à Sangatte, occupés par les Allemands à la construction de la batterie Lindemann.

Des gens vinrent les prévenir au chantier qu’il fallait  rentrer tout de suite. Ils revinrent donc à pied jusqu’à la rue Lamartine. Il y avait un attroupement et des voitures allemandes à l’arrêt. Un voisin attira le jeune Gaston en lui disant de rester près de lui. Son père entra dans l’épicerie et n’en ressortit qu’encadré de soldats avec des fusils. Il fut conduit en prison avec sa femme. Le jeune Gaston  fut hébergé avec son frère Henri par un oncle.

Avec les époux Marie, les allemands avaient appréhendé leur fille Andrée qui était évidemment au courant de la présence des anglais et l’inspecteur Fouré qui leur avait fourni les faux papiers.. Les deux enfants, Gaston et Henri qui étaient trop jeunes pour avoir une part de responsabilité , ne furent pas inquiétés.

Quant au soldat écossais, Alex, il fut expédié dans un camp de prisonniers de guerre d’Outre-Rhin.

Le 10 décembre, les quatre calaisiens qui étaient enfermés au quartier allemand de la prison Saint-Nicaise à Arras, comparurent devant le Conseil de guerre.

Gaston Marie et sa femme furent condamnés chacun à cinq ans de travaux forcés, leur fille Andrée, à deux ans de travaux forcés et Maurice Fouré, à plusieurs mois de prison.

La jeune fille ne sera remise en liberté  que le 18 janvier 1943, après être restée 17 mois à la prison d’Arras puis celle de Loos. L’inspecteur Maurice Fouré avait été libéré au début de 1942.

M. Gaston Marie, lui, revint de Loos, le 18 juillet 1943, n’ayant accompli que deux ans de sa peine.

Beaucoup plus dramatique fut la destinée d’Alice Marie qui aggrava son cas devant le Conseil de guerre. Ne pouvant maîtriser ses sentiments, elle injuria la Wermacht, lui promettant la défaite et le châtiment. Cette attitude fut certainement mentionné à son dossier pour que lui soit appliqué un régime extrêmement sévère. Alice Marie fut conduite dans un camp de déportation en Allemagne, puis dans un autre. Sa trace fut perdue. Jamais sa fille ne reçut la moindre nouvelle, pas une lettre.

Les recherches permirent seulement d’établir, longtemps après la guerre, qu’Alice Marie, victime de mauvais traitements et de privations, avait succombé à une date indéterminée, probablement à la fin 1943, au camp de Wendenbruck, en Prusse-Orientale.

Cette patriote était âgée de 57 ans. Elle est la seule résistante calaisienne morte en déportation. Son nom a été donné en 1970 à une nouvelle voie de la zone du front de mer.

 

Aucune photo d’elle n’existe puisque peu de temps après l’arrestation de la famille, une bombe écrasa la petite épicerie au coin des rues Lamartine et Casimir Delavigne. Tout fut anéanti.

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