19 octobre 1909 : à l'assaut de l'église du Courgain Maritime

18 octobre 1909

 

A l'assaut de l'église du Courgain-Maritime.

 

R. Chaussois

 

 

Après avoir été transformée en camp retranché en 1906, lors des incidents consécutifs aux inventaires ordonnés par la loi de séparation de l'Eglise et de l'état, l'église du Courgain Maritime revient à l'actualité trois ans plus tard.

Quelques jours auparavant, en Espagne, un révolutionnaire, Francisco Ferrer, accusé d'être l'instigateur de sanglantes émeutes à Barcelone, a été fusillé.

L'émotion est grande dans toute l'Europe. Des manifestations parfois violentes ont lieu pour protester contre cette exécution.

A Calais, les forces de gauche organisent, au soir du 18 octobre 1909, un meeting à l'Elysée, boulevard Lafayette (aujourd'hui, un supermarché), auquel assistent 2000 personnes.

Durant deux bonnes heures, les orateurs développent leurs points de vue, les uns vitupérant contre l'église, les autres réclamant la décapitation d'Alphonse XIII. Le maire, Emile Salembier, annonce qu'il fera débaptiser la rue d'Orléans pour lui donner le nom de Francisco Ferrer (ce qui sera refusé par le préfet). La réunion se termine par le vote d'un ordre du jour " flétrissant le crime odieux commis par la monarchie espagnole à l'instigation de l'Eglise" et souhaitant que le peuple d'Espagne proclame la République. "L'Internationale" met la note finale à l'assemblée.

 

Cortège nocturne

 

A la sortie, vers 23h00, un groupe de quelques dizaines d'excités se forme criant des slogans et chantant la Carmagnole. Les manifestants se dirigent vers Calais-Nord où le vice-consulat d'Espagne est installé rue Leveux. Un barrage d'agents de police lui coupe la route au pont Jacquard. Ne se tenant pas pour battu, le bruyant cortège bifurque par la rue Paul Bert et le pont Faidherbe pour aboutir à l'église du Courgain-Maritime. Les pierres commençent à voler en direction des vitraux, heureusement protégés par des grillages depuis que les gamins du Courgain y ont exercé leur adresse !

Quelques-uns, plus énervés, défoncent à coups de pied la porte latérale du petit portail, d'autres fracturent celle de la sacristie. Le quartier est en émoi. Remue-ménage total. La police est bizarrement absente en dépit du vacarme. Les Courguinois sont condamnés à se débrouiller eux-mêmes. Les manifestants entrés dans l'église, n'y voyant goutte tant l'obscurité est profonde, repartent comme ils sont venus, fuyant l'arrivée de l'abbé Bourgois, curé de la paroisse, accompagné de marins résolus. Une fois de plus, l'église a échappé aux outrages des contestataires !

 

Une rue souvenir

 

L'idée de donner le nom de Ferrer à la rue d'Orléans revient sur le tapis en 1931 mais les commerçants concernés protestent contre ce changement intempestif. Après la guerre, on ne leur demandera pas leur avis pour rebaptiser la rue du nom du Commandant Mengin, dont on sait la part qu'il prit dans la Libération de Calais.

En définitive, le nom du martyr espagnol fut donné à une rue créée dans le quartier du cimetière sud, où s'élevaient de nouvelles HLM.

Un conseiller fit remarquer que ce secteur réunissait des rues portant les noms de peintres célèbres. M. Wood rétorqua qu'il fallait bien le mettre quelque part, comme s'il s'agissait d'une banale potiche ! La rue Francisco Ferrer existe toujours, dans le prolongement de la rue Rembrandt.

Réagir


  • CAPTCHA

Notre association

Vidéos

Calais d'autrefois

Histoire du mois

Résistants, Fusillés et Déportés

La presse en parle

Liens

Galerie photos (247)

Livre d'or

  • Dernier message :

  • felicitations pour toutes vos expos qui sont toutes magifiques mes amitiés depuis le bas de la France pascal ps à quand une rue,une place ou un giratoire GEORGES ALLO à CALAIS ??? j'ai écrit au...

    par pascal cape
  • Aller sur le livre d'or →

Calendrier

« Avril 2018 »
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30