Fernand Charbonnier

Fernand Charbonnier

 

 

Après le démantèlement partiel du réseau "Jean de Vienne", un passeur d'hommes qui a été épargné par la vague d'arrestations fait connaissance à son tour avec les geôles de l'ennemi avant de tomber sous la salve d'un peloton d'exécution. Ce brave c’est Fernand Charbonnier, 30 ans, contrôleur aux P.T.T., 64, rue Gaillard.

Né le 5 février 1912 à Calais, Fernand Charbonnier a perdu son père, tué à la Grande Guerre. Mobilisé en 1939 et fait prisonnier dans l'Est, il parvient à s'évader et rejoint son régiment à Clermont-Ferrand où il est démobilisé au titre d'agent d'un central téléphonique. Reprenant sa place dans les P.T.T., il occupe divers postes à Montpellier et Béziers et rentre à Calais en octobre 1940. Il ne tarde pas à apporter son concours aux réseaux d'évasion des militaires alliés, assurant les liaisons et oeuvrant de concert avec Puis, Follet, Huygues, les frères Béraet, Gaston Berthe, les époux Roger...

Prudemment, il tient sa famille dans l'ignorance de ses activités. Un  jour de 1942 que sa mère lui rend visite, elle le trouve nerveux, paraissant inquiet. Plus tard, elle apprendra qu'à son arrivée, Fernand , n’avait eu que le temps de cacher dans une soupente, un aviateur anglais "en transit" chez lui ! A différentes reprises, des aviateurs sont momentanément hébergés à son domicile, notamment le polonais Jozef Zulikowski, récupéré à  Norkerque par Abel Béraet et ramené à Calais en vue de son évacuation.

Il faut citer aussi le soldat Ecossais Allan McRae, récupéré en 1940 au marais d'Hames-Boucres par les époux Casimir et amené chez Henri Béraet. Un jour qu’il se promène en ville avec Alan McRae, habillé en civil, Fernand Charbonnier voit un camion militaire allemand s'arrêter à sa hauteur. Le conducteur lui demande l'adresse d'un électricien. Charbonnier s’offre à conduire le chauffeur feldgrau et, se payant de culot, il monte dans la cabine avec Alan McRae. Arrivés à destination, les deux hommes prennent congé avec le sourire et le soldat allemand les remercie sans se douter qu'il a transporté un soldat de l'armée britannique en rupture de captivité !

Le 4 décembre 1942, vers 17h00, Fernand Charbonnier est à son travail au bureau de postes (encore boulevard Gambetta) quand les policiers Allemands surviennent et lui intiment  l'ordre de les suivre.

-  Il y en a pour longtemps ? Questionne le postier.

-  Non, ne vous inquiétez pas.

En réalité, on ne reverra jamais Fernand Charbonnier à Calais. Le soir même, menottes aux poignets, il est emmené à la prison de Loos où ils demeurera enfermé treize mois.

Il fut soumis à d'abominables  interrogatoires.

Pour le faire parler, on utilisa des moyens inhumains. Les allemands l’enfermèrent durant 27 heures dans un cachot sans air de l'immeuble de la Gestapo, boulevard de la Liberté, à Lille. Ce cachot était de dimension si réduite que le malheureux ne pouvait s'y tenir debout, ni assis. Quand on l’en sortait, à demi-inconscient, on le brutalisait en le bombardant de questions. Jugé une première fois, il fut condamné à 15 ans de travaux forcés. Puis il y eut un second procès, le 14 juillet 1943 et il fut condamné à mort. Sa mère est intervenue pour obtenir sa grâce et l'administration des Postes fit de même de son côté car il était fort estimé dans son service. Tout cela fut vain.

Le maire tenta aussi une démarche auprès du président du tribunal de l'armée de l'air, à Lille : " M. Charbonnier était, paraît-il, accusé d'avoir aidé à l'évasion de quatre pilotes anglais au printemps 1941. Or, il m’est signalé que depuis cette époque, il ne sait plus livré à aucune action répréhensible. Je vous serais reconnaissant de considérer ma lettre comme un recours en grâce."

La supplique de M. Georges François n'a pas  plus d'effet que les précédentes.

Le 6 janvier 1944, en même temps que les deux autres passeurs d’hommes, Abel Béraet et Sidney Bown, le courageux postier fut passé par les armes. Retrouvé après la guerre, son corps fut ramené à Calais où il est inhumé dans un caveau de famille, près de son père, mort pour la France lui aussi, mais les armes à la main, en Argonne, en 1918.

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  • felicitations pour toutes vos expos qui sont toutes magifiques mes amitiés depuis le bas de la France pascal ps à quand une rue,une place ou un giratoire GEORGES ALLO à CALAIS ??? j'ai écrit au...

    par pascal cape
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