L'alsacienne à Calais : flash-back sur une aventure industrielle

L’Alsacienne à Calais : flash-back sur une aventure industrielle

René Ruet et wendy Wasielewski sont heureux de faire partager au public leurs archives

Cela fait une quinzaine d’années qu’une douce odeur de vanille n’embaume plus les abords du quai de la Gendarmerie. Calais Photos Nostalgie revient en images sur l’histoire de la biscuiterie qui y était implantée.

C’est à une nouvelle exploration du passé récent de Calais que nous convie l’association Calais Photos Nostalgie. Après des thématiques tournant essentiellement autour de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et des transformations du paysage calaisien, un établissement industriel qui a jadis fait les beaux jours économiques de la cité a retenu l’attention de l’association présidée par René Ruet : l’usine LU, longtemps appelée « L’Alsacienne ».

Un gisement d’archives impressionnant

« Un lot de près de 500 photographies nous a été confié il y a quelques temps par un ancien cadre de l’usine LU, Roland François. Nous avons pu étoffer encore ces archives exceptionnelles par d’autres clichés prêtés par des particuliers de notre connaissance. Au total, nous avons recueilli énormément d’images sur la vie de l’usine. Nous avons aussi nos propres prises du vue sur la réhabilitation de ses locaux » explique René Ruet, qui a passé de longues heures à restaurer certaines photographies abîmées.

En effet, grâce à un grand panorama célébrant un pan du patrimoine industriel de la ville de Calais, on peut s’immerger dans l’histoire d’une usine qui a commencé dès 1959 à produire le biscuit « Petit Exquis ». Mais un regret tenaille René Ruet : « nous n’avons pas réussi à documenter la fin de la production et surtout le terrible conflit social de 2001 qui a débouché un peu plus tard sur la fermeture définitive des LU de Calais. Ce sont pourtant les ouvriers qui ont fait tourner l’usine, ils étaient le cœur de cette belle histoire. J’aurais aimé pouvoir mettre leur combat en lumière, grâce à des photos ».

Une seule allusion à cette lutte qui a fait la « une » de tant de médias à l’époque se glisse dans un film qui sera projeté dans l’espace d’exposition. Wendy Wasielewski a réalisé ce montage audiovisuel et a participé par ailleurs à toute la mise en place de toute l’exposition. Pour elle, « la succession des événements s’est déroulée avec une vitesse assez sidérante. Alors que l’entreprise fête en grande pompe les 30 ans puis les 40 ans de l’usine calaisienne en 1999, c’est la fin de l’aventure peu de temps plus tard ».

Gros plan sur tout un quartier

Un épisode marquant qui a laissé beaucoup d’amertume dans la population locale… laquelle n’a pas oublié par ailleurs les délicieux effluves vanillés qui embaumaient le quartier situé entre la rue Descartes et le quai de la Gendarmerie. Traitant son sujet à fond, l’association Calais Photos Nostalgie commence de fait par retracer l’histoire du triangle compris entre ces deux artères et la rue Mollien, et qui a vécu au rythme de la naissance et des transformations de l’usine.

« Nous avons un accès privilégié aux archives conservées par la famille Pagniez qui possédait près de 2 hectares de terrain dans la zone. Une aire de stockage de charbons y a été longtemps installée. Le « terrain Batavia » a intéressé dès 1962 L’Alsacienne qui avait racheté en mai 1958 une usine de textile jouxtant ce terrain, l’usine Guillemand-Davenière, pour la transformer en unité de production de biscuits. Sur ce terrain ont aussi passé un temps des cirques pour le plus grand bonheur des enfants d’alors ».

A grand renfort de magnifiques photos aériennes mais aussi prises du sol, Calais Photos Nostalgie nous donne l’occasion de redécouvrir trois « cités » d’habitations qui ont été petit à petit démantelées : la cité des Douanes, la cité Mollien et la cité Descartes. Les plus jeunes pourront aussi voir à quoi ressemblait l’immeuble de la gendarmerie qui a donné son nom au quai que nous connaissons aujourd’hui (anciennement quai de l’Est) : bâtie en 1894, cette fière caserne a été détruite en 1973, sans qu’il n’en reste rien. Ah, nostalgie, quand tu nous tiens….

Magali Domain

Exposition du 12 au 15 janvier 2018, salle du Minck, de 14h à 18h. Entrée libre et gratuite.

 

Le chiffre : 345 ; c’est le nombre de travailleurs sur le site de l’Alsacienne en 1989, durant une période où l’usine tournait à plein régime

Encadré 1 : (avec photo publicitaire) De nombreuses affiches et gadgets publicitaires LU et l’Alsacienne seront également visibles dans l’exposition. Une façon de retracer, via les arts graphiques, l’épopée d’une entreprise qui a du une part de son succès à ses ingénieuses campagnes de promotion.

A savoir : La figure emblématique de l’Alsacienne s’appelle « la petite Sophie ». Avec sa coiffe et son costume folklorique, elle conférait une forte identité visuelle à la marque. Au départ, elle rappelait le souvenir de la province perdue lors de la guerre de 1870. Son design a été régulièrement réactualisé.

 

Des ouvirères au travail, visibles dans le film tourné en 1989

 

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  • felicitations pour toutes vos expos qui sont toutes magifiques mes amitiés depuis le bas de la France pascal ps à quand une rue,une place ou un giratoire GEORGES ALLO à CALAIS ??? j'ai écrit au...

    par pascal cape
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