Félix Cadras

 

 

Felix Cadras est né à Calais le 4 mars 1906. Il va en classe à l’ école Franklin, rue Van Grutten.

En 1915, il perd son père, tué dans les tranchées en Champagne.

Sa mère l'élève dignement avec sa soeur, elle leur inculque à tous deux l'horreur de la guerre.

Après avoir fréquenté l' E.P.S place de la République, et suivi les cours du soir, à l'école d'Arts Décoratifs, Félix Cadras, pupille de la Nation, entre en usine comme apprenti esquisseur. A  l'âge de 18 ans, il adhère aux Jeunesses Communistes, puis il part au régiment.

A son retour, il épouse une ouvrière brodeuse, Mlle Georgette Bacquet, dont il aura deux filles.

Après 1930, la crise économique s'abat sur l'industrie dentellière. Cadras est réduit au chômage. Il mène la lutte avec ses camarades de misère pour l'aboutissement du droit à la vie. Cette dure école contribue à développer sa personnalité. Sa volonté et son sens des responsabilités, sa crânerie intelligente en face d'interlocuteurs redoutables, lui valent l’estime des travailleurs et d'être remarqué par les dirigeants du P.C.F qui l'accueille dans leurs rangs.

Félix Cadras se consacre à l'étude des causes du marasme dentellier, un domaine professionnel qu'il connaît bien. Il écrit même une brochure :" Union pour sauver Calais de la misère", véritable plan de relance avant la lettre qui accentue encore sa popularité dans les milieux de la fabrique du monde ouvrier.

Devenu responsable du secteur de calais du P.C.F, il est appelé en 1934 au secrétariat de la région N.P.D.C. Le Secours rouge international l’envoie même en Allemagne, enquêter sur le sort d'Ernst Thaelman, chef du parti communiste allemand, arrêté par les Hitlériens.

En 1935, il devient conseiller municipal à Calais, en même temps que neuf autres candidats communistes, élus sur une liste d'union avec les Socialistes, M. Lucien Vadez préside cette municipalité de "gauche unie".

En juillet de la même année, Félix Cadras est délégué au 7e Congrès de l'Internationale communiste à Moscou. Il effectuera plusieurs autres voyage en URSS pour se pénétrer des réalités du monde socialiste.

En 1936, il est nommé premier secrétaire de la Fédération départementale de son parti et l'année suivante, lors du congrès d'Arles, il devient membre du comité central du parti communiste français. Maurice Thorez le considère comme un cadre de grand avenir.

En septembre 1939, Félix Cadras est mobilisé et se voit affecté comme sous-officier, durant quelques mois, à la défense aérienne de Boulogne-sur-Mer. Son unité se replie en 1940 et il est démobilisé à Toulouse. Il se rend chez une tante en Touraine où sa soeur Georgette va le chercher car son parti le charge d'organiser la résistance en zone sud et plus particulièrement dans la région lyonnaise. Il regroupe les militants dispersés, les prépare au combat dans l'ombre. A ce titre, il est considéré comme un des fondateurs du front national et des premiers groupes armés préfigurant les F. -T.P.F (francs tireurs partisans français ) de l'armée secrète du parti communiste.

A Paris, en janvier 1941, Félix Cadras se retrouve avec Jacques Duclos et Benoît Frachon. Les trois hommes prennent en main la direction clandestine du P.C.F Sous le nom de guerre " d'Albert" et avec le poste de secrétaire à l'organisation, où il succède à Jean Catelas, Felix Cadras assure le contact entre les diverses structures du parti. Avec Dallidet, il réalise un travail énorme pour promouvoir des cadres, engager des hommes et des agents de liaison, en puisant dans les effectifs du pcf dont 10 à 20 % seront engagés dans le combat. Il lui faut sans cesse trouver de nouvelles méthodes pour pallier les coups terribles de la gestapo et modifier l'organigramme du parti dans la période si difficile de l'illégalité.

 

Félix Cadras voit disparaître beaucoup de ses amis, de ses collaborateurs les plus proches. Sa soeur Georgette, active résistante, sera la première femme condamnée à 10 ans de travaux forcés. Déportée, elle aura la chance de survivre un éprouvant séjour au camp de Ravensbruck d'où elle revint en mai 1945, n'étant plus que l'ombre d'elle-même.

 

Victime d'une dénonciation, Félix Cadras est arrêté le 15 février 1942 à Paris par des policiers français des trop fameuses "brigades spéciales" lancées aux trousses des illégaux et des communistes. Huit jours plus tard, il sera livré aux allemands au moment où sa femme met au monde sa deuxième petite-fille qui ne verra jamais. Les policiers tentent de le faire parler mais, en dépit des tortures et des mauvais traitements, il ne révèle absolument rien des lourds secrets  qu'il connaît.

A la prison de la Santé, puis à celle de Frênes, Félix Cadras est seul dans sa cellule, enchaîné et les menottes aux poignets, jour et nuit.

En mai 1942, les journaux de Paris publiaient cet avis du Militärbehehlhaber :

" Le 27 mai 1942, un attentat a été commis contre un membre de l'armée allemande ; les auteurs de cet attentat n'ont pas encore été arrêtés. Au cas où, dans un délai de 10 jours après la publication du présent avis, ils ne seraient pas identifiés, 10 personnes appartenant au milieu dont les auteurs présumés font partie, seront fusillées et un plus grand nombre envoyées aux travaux forcés."

Sans attendre le délai de 10 jours annoncé dans cet avis, les allemands passèrent par les armes le 30 mai, au Mont Valérien, 10 résistants et otages communistes choisis parmi les plus importants.

Félix Cadras mourut comme son père, victime lui aussi de balles allemandes.

Avec lui, tombèrent en face du peloton d'exécution son camarade, le métallurgiste Arthur Dallidet, responsable au cadre de l'Organisation Spéciale d’où allaient naître les F-T.P.F ; le philosophe Georges Politzer, le jeune savant physicien Jacques Solomon, gendre de Paul Langevin ; le professeur écrivain Jacques Decour (de son vrai nom Daniel Decoudemanche)...

Il ne semble pas que Félix Cadras eu l'autorisation d'écrire une dernière lettre à sa famille. S'il l’a fait, le message ne fut jamais transmis. En revanche, son pardessus ayant été rendu à sa famille avec diverses affaires personnelles, on découvrit, caché dans un revers, un mouchoir sur lequel Félix Cadras avait écrit quelques lignes pour sa femme, sa mère et les siens :

" 10 mai 1942 16h15. Mes chéries, je vous dis adieu. On vient de m'annoncer que je serai fusillé ces jours -ci. Je meurs pour vous, pour votre cause, pour notre peuple. Aimez-vous bien en souvenir de Père et de moi-même. Courage ! Bientôt vous serez heureuses et honorées car vous portez le nom d’un digne français. Soyez unies et ne vous isolez pas des masses. Je vous ai beaucoup aimées et je m'en vais calme et tranquille. Soyez fiers de moi.

" Toi, mère, soit fier de ton gamin, il n'a pas failli à son idéal, à notre idéal. Courage, Geo, ma grande soeur, courage, chère femme, courage, mère adorée. A vous tous, amis, salut et soyez heureux, aider les miens à supporter leur douleur. Je vous aime tous et toutes. Votre Félix.

P.S qu'elle barbares ! Je suis encore en vie, le 29 mai au soir. Quelques cruautés. Mille baisers. Adieu, je vous adore,  ne pleurez pas. Aimez-vous bien surtout."

 

Ce dernier repose aujourd'hui au cimetière du Père-Lachaise.

En dehors d'une rue qui porte son nom à calais nord depuis 1951, le souvenir de Félix Cadras est perpétué dans sa ville natale, depuis 1949, par une citation sur marbre dans le hall de l'hôtel de ville. Grâce à une délibération du conseil municipal, l'école de filles du Pont-du-Leu est dite " école Félix Cadras" et une plaque commémorative y fut inaugurée le 9 septembre 1973, en présence de la soeur, Mme Georgette Laffite Cadras, et des deux  filles du héros.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le nom de Félix Cadras figurait également sur une plaque commémorative située dans la cour de l'école Franklin. Chaque année, une commémoration organisée par l'amicale Franklin avait lieu.

Celle-ci a été démontée puis remplacée par une autre non nominative.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La plaque actuelle dans la cour de l'école Franklin

 

 

Après de nombreuses recherches,  la plaque d'origine de l'école Franklin a été retrouvée dans les locaux de la rue de Toul.

Pour lire cette histoire cliquez ici

http://www.calaisphotosnostalgie.com/382+aime-lefevre-le-calaisien-pendu-de-tulle.html

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  • felicitations pour toutes vos expos qui sont toutes magifiques mes amitiés depuis le bas de la France pascal ps à quand une rue,une place ou un giratoire GEORGES ALLO à CALAIS ??? j'ai écrit au...

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