Marcel Follet

Marcel Follet

 

 

Marcel Follet est né le 12 juillet 1913 à Calais, où ses parents tenaient le “Café des Bigophones”, boulevard de l’Egalité. Il va à l’école Balzac, et à l’E.P.S, place de la République. Il suit des cours commerciaux, trouve un emploi à la compagnie du ferry-boat, puis entre au Bureau de Bienfaisance, rue du Pont-Lottin, là où se dresse de nos jours le collège Jean-Jaurès. Réformé du service militaire, Marcel Follet s’est marié en 1933, a eu deux enfants.

Sa femme et ses enfants sont sa raison de vivre. Au début de l’occupation allemande il conduit les siens chez ses beau-parents, à Hardinghen. Tous les jours il fait l’aller et retour sur son vélomoteur, pour venir travailler à Calais.

Un jour il fait la connaissance de Sidney Bown avec lequel il sympathise et qui le met au courant du travail possible dans les filières d’évasion. Marcel est emballé.

Il va ainsi pouvoir prendre sa revanche et jouer un rôle dans cette guerre.

A Calais, il n’est pas long à découvrir que les soldats anglais sont cachés par les habitants aux quatres coins de la ville.

Quatre problèmes doivent être résolus :

  • le ravitaillement

  • les vêtements civils

  • les faux papiers

  • l’évacuation

Marcel Follet travaillant en équipe avec Pierre Puis, connaît les mêmes militaires britanniques que son compagnon

Par prudence, Marcel Follet ne tient pas sa femme au courant de ses agissements. Il met ses retards sur le compte d’un sûrcroit de travail.

Quand Pierre Puis est arrêté, Marcel Follet refuse de s’enfuir.

Le 3 novembre 1942, six jours après l’arrestation de Pierre Puis, vers 11 heures, Marcel rentre de course en ville. Il met sa blouse grise et se penche sur un dossier administratif. Soudain, par la fenêtre, il aperçoit quatre civils d’allure étrange. Cette fois, ça y est c’est pour moi, se dit-il.  

M. Maurice Bollengier, chef du Bureau de Bienfaisance lui montre la porte donnant sur l’arrière du batîment. Quand il l’ouvre, il se trouve face à face avec deux autres policiers allemands et l’emmènent.

Simultanément, trois policiers se rendent à Hardinghen perquisitionner au domicile de refuge de Marcel Follet mais ne trouvent rien.

Après avoir été mis au secret plusieurs semaines, Marcel Follet peut enfin recevoir la visite de sa femme à la prison de Loos. Le 17 février 1943, avec les autres passeurs d’hommes, menottes aux poignets, il est conduit au tribunal de l’Armée de l’Air, et s’y entend condamner à mort.

Mme Follet voit son mari au parloir, où les visites sont limitées à quinze minutes. Prisonniers et visiteurs sont séparés par un couloir.

Le 24 août 1943, Mme Follet voit son mari pour la dernière fois. Trois jours après il est passé par les armes.

C’est M; Broutta, Maire d’HardInghen, qui recevra de l’Oberfeldkommandantur de Lille, un avis lui demandant de prévenir Mme Follet que la sentence a été executée.

Le lendemain, la malheureuse femme se rend à Loos où le greffier lui remet un paquet avec les vêtements de son mari, sa montre, son alliance, sa dernière lettre si émouvante :


 

"Loos, le 27 août 1943 : je viens d’apprendre que mon recours en grâce a été refusé par le maréchal Goering et à 5 heures je serai exécuté. Marthe, je sais que cela va être terrible pour toi mais enfin, que veux-tu, ceci est ma destinée. Je te demande d’être courageuse dans la vie qui va maintenant se dresser devant toi. J’aurai bien voulu la continuer et la faire même plus heureuse qu’avant-guerre. Malheureusement, cela ne pourra être.

“Pour Gilbert et Colette, je te prie de les élever dans un esprit ouvrier, tel que fut le mien, et de leur donner une solide instruction car c’était là mon désir. Elève-les et apprends-les à me connaître, agis comme si j’étais toujours avec toi.

"Chérie, je vais dans peu de temps passer à la mort, c’est terrible mais enfin je conserve, comme tu peux le voir à mon écriture, toute ma lucidité. J’ai bon courage et je vais mourir comme seul peut mourir un Français.

"J'étais trop content ces jours derniers. J’avais vu ta mère, j’avais de bonnes nouvelles des petits, surtout de Gilbert, que je connais si peu et qui est, paraît-il, si beau. J’aurais voulu les revoir, mais c’est fini. La mort à trente ans, c’est dur, non pas pour moi, mais surtout pour vous tous. Moi je pars dans le néant, alors que tu devras seule te débattre contre toutes les difficultés que comporte la vie.

          “Avant de terminer, je vais te demander de bien vouloir remercier tous ceux qui, depuis mon arrestation, te sont venus en aide. N’oublie personne surtout, les administrateurs, M. Bollengier et les copains du Bureau de Bienfaisance, employés et boulangers.

“L’heure approche. Nous avons maintenant cigarette sur cigarette et du café. Avec moi vont partir Huyghes, Puis, Sharp et Beraet. La justice pour nous a été une loterie et j’ai pris un mauvais numéro.

“ A toute la famille, ma meilleure pensée et pour toi, Marthe chérie, mes meilleurs baisers. Pour Colette et Gilbert, pour eux qui étaient tout ma vie, mes plus affectueux baisers et ma meilleure pensée. Adieu à tous. Colette et Gilbert, n’oubliez jamais le respect à maman et ne m’oubliez pas. Adieu. Bons baisers. Marcel.”

 

Comme Pierre Puis, Marcel Follet fut fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume .

 

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