Ils sauvent le patrimoine religieux des églises

RESURRECTION

LE PATRIMOINE RELIGIEUX SAUVE PAR DES CLICHES

 

L’eglise Notre-Dame des Armées et celle du Sacré-Coeur ont retenu l’attention de l’association Calais photos Nostalgie.

 


 

Le contexte

- L’association Calais Photos Nostalgie poursuit son travail de fourmi au service du patrimoine calaisien.

- Cette fois, c’est le patrimoine religieux local qui a retenu l’attention de René Ruet, président de l’association

- Premières investigations sous les voûtes de l’église du Sacré-Coeur sises rue du 11 Novembre et à l’église Notre-Dame des Armées, située dans le quartier des Cailloux.


 

 

René Ruet et Jean Delacroix devant le reliquaire de l'église du Sacré-Coeur

 

Sans faire de bruit, l’association Calais Photos Nostalgie poursuit son travail de fourmi au service de la résurrection du patrimoine calaisien par le biais de la photographie, tout en privilégiant le contact avec tous ceux qui ont connu le passé ou qui sont dépositaires de souvenirs familiaux. Cette fois, c’est le patrimoine religieux local qui a retenu l’attention de René Ruet, président d’une association qui a pour vocation de créer une véritable banque de données iconographiques relatives au passé de la ville et de ses alentours.

Dans sa quête de prises de vue et d’informations inédites, l’infatigable René a d’abord souhaité mener une petite investigation sous les voûtes de l’église du Sacré-Cœur sise rue du 11 novembre et tout nouvellement restaurée. Il s’agissait pour lui d’aller sur la piste des reliquaires, dont l’histoire lui avait jadis été rapportée par Jean Muse, octogénaire calaisien qui vit aujourd’hui à Lille. Une histoire qui, depuis, est bien connue du public.

 

En remontant la piste des reliquaires

 

« C’est Jean Muse, qui fréquentait l’église du Sacré-Cœur dans les années 1960, qui a récupéré ces reliquaires, en les sauvant de la destruction. Le curé de l’époque, l’abbé Manhout, faisant suite aux décisions du concile Vatican II, avait décidé de détruire tout le mobilier qui conférait une certaine pompe à la nef. C’est ainsi par exemple que la chaire fut démantelée. Jean Muse, qui était alors sculpteur et qui est devenu ensuite professeur d’ébénisterie au lycée Normandie-Niémen, a remarqué deux pièces de bois représentant de petites cathédrales et qui se trouvaient dans les autels latéraux ».

Désolé à l’idée de voir ces objets partir en fumée dans la cheminée d’un particulier, Jean Muse conserve précieusement dans son atelier de la rue de Vic puis chez lui ces éléments d’art sacré avant de les restituer récemment à l’église, à la faveur des opérations de restauration qui ont été conduites sous l’égide de l’AMVPAC. « Les deux reliquaires ont été magnifiquement remis en état. Leur polychromie est splendide. C’est ce que nous avons essayé de mettre en valeur sur les clichés que nous avons effectués. On ne sait jamais, cela peut servir dans le futur » commente René Ruet.

Il ne croit pas si bien dire. Les anciens clichés d’un édifice constituent toujours des éléments extrêmement précieux pour mener à bien une restauration à l’état primitif. Rappelons que la première pierre de l’église du Sacré-Cœur a été posée et bénie le 7 avril 1867 et que l’achèvement complet des travaux date de 1877. Or, les images de ce sanctuaire sont rares pour la période d’avant 1945. C’est pourquoi René Ruet a été ravi en dénichant sur un tract ancien la reproduction d’une grande et belle photographie de sa nef et de son chœur, remontant vraisemblablement au début du XXème siècle.

« J’ai scanné cette image et j’ai passé des heures à la restaurer. Il s’agit de gommer les imperfections, rendre certains détails mieux visibles en jouant sur les niveaux de contrastes et de luminosité. Je travaille avec plaisir, souvent au pixel près ! » explique René Ruet, qui a dès le départ en tête l’idée non seulement de magnifier sa découverte, mais de la faire partager au plus grand nombre. Quoi de mieux que d’agrandir l’image pour la livrer au regard de tous ?

 

Le plafond de l'église du Sacré-Coeur tel qu'il devait être autrefois.

 

 

Des photographies pour fixer les traces du passé

 

Après avoir fait imprimer le cliché sous un format A2, il le fait encadrer puis obtient la permission d’accrocher le cadre sur un mur de l’église… au grand bonheur des paroissiens, pour lesquels l’intérêt renouvelé porté à leur lieu de culte représente une raison d’espérer une reviviscence de la mémoire de leur quartier dont l’histoire, à la charnière des XIXème et XXème siècles, reposait sur la présence d’une population ouvrière très dense - massée autour des usines à tulles comme la maison Hénon - allait prier dans sa propre église.

Le reportage photographique mené par Calais Photos Nostalgie a mis l’accent non seulement sur le mobilier du Sacré-Cœur, mais aussi sur les décorations intérieures de l’édifice. C’est ainsi que Wendy Wasielewski a pu saisir dans tous leurs magnifiques détails les peintures ornant originellement les piliers de la nef et qui se révèlent peu à peu à nos regards au fur et à mesure que le grossier badigeonnage qui les couvrait se désagrège. De même, elle a repéré des inscriptions en latin courant tout autour de la nef, au-dessous du triforium : cachées par une couche de peinture unie, l’humidité les rend parfois à nouveau lisibles. « Quelle émotion de voir ainsi resurgir un passé qui ne veut pas disparaître » s’exclame, encore émerveillée, la jeune femme.

On sait que la restauration des piliers, sans parler de celle des inscriptions, coûterait une petite fortune. D’autres vestiges de peinture ont été fixés sur la pellicule par la photographe. « Dans un local inaccessible au public, derrière l’orgue, on peut encore admirer sur une surface limitée les couleurs qui couvraient le plafond voûté de l’église. Une myriade d’étoiles dorées ponctuaient un aplat de couleur bleu azur, la couleur du ciel où les chrétiens placent leur Paradis » explique Wendy, qui regrette qu’aujourd’hui la plupart des voûtes aient été couvertes d’une peinture grisâtre. Mais là encore, quel investissement ce serait pour restituer ces ornementations !

 

Des inscriptions latines refont surface sur les

parois de l'église du Sacré-Coeur

 

Un travail entrepris aussi à Notre-Dame des Armées

 

Autre terrain de recherche pour Calais Photos Nostalgie : l’église Notre-Dame des Armées, située dans le quartier des Cailloux. Cet édifice original, signé par l’architecte Roger Poyé, apparaît assez méconnu même par ceux qui la fréquentent. En compagnie de Mme Michèle Bruitte, le président de Calais Photos Nostalgie repère un portrait d’ecclésiastique accroché sur le mur au-dessus des battants de la porte d’entrée, dans un encadrement de bois ovale très poussiéreux.

Décrochage, nettoyage, identification : il s’agit de l’abbé Peugnet, le premier curé des Cailloux, auquel un bas-relief rend hommage à l’intérieur de l’église. Son portrait figurera dorénavant, en haute définition, dans les archives de Calais Photos Nostalgie alors qu’il a retrouvé sa place dans le lieu de culte qu’il a œuvré à faire édifier. Mais son visage plein de détermination et de bienveillance sera maintenant, au sens premier du terme, mieux reconnu des fidèles et des visiteurs de Notre-Dame des Armées.

 

Magali Domain

 


Protéger les plaques des plaques mémorielles

 

A l’intérieur de l’église de Notre-Dame des Armées, un éclairage approximatif laissait dans la pénombre trois plaques rendant hommages aux 103 enfants de la paroisse morts pour la France pendant la Grande Guerre. « J’ai réparé cet éclairage et j’ai photographié les plaques. Elles sont un élément précieux de notre histoire commune, nous devons prendre conscience de leur existence afin de mieux les préserver » déclare René Ruet, pour lequel la sauvegarde de ces dalles de marbre porteuses de mémoire est devenu un véritable cheval de bataille. Certaines en effet ont disparu ou ont été endommagées et mériteraient d’être réparées puis exposées.

Plaque commémorant le sacrifice de 105 paroissiens

pendant la Grande Guerre


 

 

Focus : Qui était Charles Peugnet ?

 

Le Portrait de l'abbé Peugnet retrouve sa place dans l'église Notre-Dame des Armées

 

 L’ecclésiastique dont le portrait a été remis en valeur par Calais   Photos Nostalgie n’est autre que celui du fondateur de l’église de Notre-Dame des Armées, l’abbé Charles Peugnet. Né en 1884, il fut d’abord vicaire du Sacré-Cœur avant de devenir en 1913 le premier curé des Cailloux. Dès son installation, il crée un petit journal, « La Voix de Notre-Dame des Armées », qui lui permet de faire appel à la population calaisienne et, au-delà, à celle de tout le département, pour financer la construction d’un lieu de culte propre au quartier dans lequel il officie. Pendant les quatre années correspondant au déroulement de la Grande Guerre, le projet est mis en sommeil, pour renaître avec plus de vigueur dans les années 1920. A force de ténacité et de volonté, l’abbé Peugnet est parvenu à mobiliser de nombreux donateurs, si bien que la première pierre de l’église est bénie le 15 mai 1921 par Mgr Debout. L’édifice, construit notamment avec de la blocaille provenant des carrières de Marquise-Hydrequent, aura une superficie de 650m² et pourra accueillir 800 fidèles. Les souscriptions se poursuivront jusqu’en 1928 : le 11 novembre de cette année-là, a lieu l’inauguration du clocher de l’église, orné d’un Christ monumental de 7 mètres, dû au sculpteur Debert. Trois ans plus tard, le « bâtisseur de l’église », l’abbé Peugnet, s’éteint à l’âge de seulement 47 ans, laissant de vifs regrets chez ses ouailles. Au travers de son portrait photographique et du bas-relief qui le représente, son souvenir perdure dans la paroisse.

 

 

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  • felicitations pour toutes vos expos qui sont toutes magifiques mes amitiés depuis le bas de la France pascal ps à quand une rue,une place ou un giratoire GEORGES ALLO à CALAIS ??? j'ai écrit au...

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