A la mémoire des victimes du bombardement du 27 septembre 1944

A la mémoire des victimes du bombardement du 27 septembre 1944

 

Le 27 septembre 1944, les bombes s'abattent sur Calais, faisant 17 morts à l'angle des rues Neuve et de Lodi. Soixante-treize ans plus tard, Renée Butez et Valérie Lavoine, qui ont perdu des proches pendant cette attaque, revivent cette tragédie grâce au travail de l'historien local René Ruet.

 

Par Olivier Pecqueux

 

Valérie Lavoine, René Butez et René Ruet, historien local, reconstituent le puzzle de vies déchirées

(Photo Jean-Pierre Brunet)

 

Ils se connaissent à peine, mais leurs vies sont étroitement liées. René Butez, octogénaire à la recherche de ses grands-parents disparus, Valérie Lavoine, sur les traces de son histoire et René Ruet, Président de Calais Photos Nostalgie. Pour comprendre pourquoi ces trois-là se sont retrouvés, voilà quelques jours dans le salon de Renée Butez au Beau-Marais, des retours en arrière s'imposent.

 

Pour Renée Butez, les recherches commencent en 2009, après la mort de sa mère décédée à l'âge de 93 ans. « Au départ, je n'ai pas voulu regarder dans ses affaires. Après des années, j'ai ouvert les cartons et j'ai découvert des lettres... » Il s'agit des derniers échanges entre la mère de René Butez (Renée Roux de son nom de jeune fille, petite-fille de Jeanne et Alphonse Gavelle) et son grand-père, juste avant le bombardement des rues Neuve et de Lodi.

 

En septembre 2014, René Butez témoigne dans notre journal de cette tragédie, occultée par le bombardement du 27 février 1945 à Calais (97 victimes civiles ). « Nous avons eu la vie sauve ma mère, ma sœur et moi parce que nous étions parties nous réfugier dans le Loiret », rapportait alors Renée Butez. Deux ans plus tard, la Calaisienne reçoit un appel de Valérie Lavoine qui vit à Metz. La quadragénaire tente de reconstituer son arbre généalogique. Ses recherches sur internet l'entraînent sur notre article. Valérie Lavoine comprend que son grand-père et son arrière-grand-père, Fernand et Gaston Lavoine sont morts avec Jeanne et Alphonse Gavelle pendant ce bombardement. Son enquête l'amène sur la route de René Ruet, historien local qui vient de monter en 2015 une formidable exposition sur les 561 victimes civiles pendant la guerre. « Grâce à M. Ruet, j'ai appris que ce ne sont pas deux mais huit membres de ma famille qui ont péri dans ce bombardement. » Gaston Lavoine, le patriarche, était avec son frère Lucien et sa femme Léontine, son autre frère Louis-Céléstin et sa femme Hilda (et leur deux enfants Louis-Alfred et Yvette), et enfin son fils, Gaston Lavoine, grand-père de Valérie Lavoine.

 

Autour des documents réunis par René Ruet, le trio reconstitue pièce par pièce le puzzle de la vie de leurs proches. « J'ai été émue de découvrir le visage de mon arrière-grand-père, que je n'avais jamais vu », glisse ainsi Valérie Lavoine. René Butez, bouleversée, interroge : « Roberte Legros est morte à l'âge de quatre ans avec ses parents (Robert et Mariette). Qu'est-il advenu de son grand-frère Guy Legros ? » Une nouvelle enquête pour René Ruet.

 

Outre les victimes citées ci-dessus, Augusta Legros, Andréa Mercedes Wascat, Andréa-Lucienne Wascat et Lucien Piesset sont morts lors de bombardement du 27 septembre 1944.

 

Que s'est-il passé le 27 septembre 1944 ?

 

Le 27 septembre 1944, trois jours avant la libération de Calais alors que la ville a déjà payé un lourd tribut pendant le conflit, la guerre fait encore des victimes innocentes. Des bombardiers canadiens arrosent la ville et ses alentours quand un avion lâche ses armes destructives en centre-ville, à l'angle des rues Neuve et de Lodi. Une dizaine d'immeubles d'habitations sont pulvérisés.

Au 118 rue Neuve, une famille et des voisins se sont réfugiés dans la cave des cafés Collet. Les dix-sept personnes cachées, dont des enfants, meurent sur le coup. La famille Lavoine est décimée : huit de ses membres meurent dans cette attaque. Le journaliste et historien local Robert Chaussois parle « d'une véritable boucherie, seulement deux ou trois corps pourront être reconstitués et identifiés. » L'hypothèse la plus probable cible l'existence d'un abri anti-aérien dans le quartier, qui ne sera pas détruit.

 

 

Ici, grâce au travail de recherches de René Ruet portant sur l'angle de la rue Neuve et de la rue de Lodi, les photos aériennes d'avant (1921) et d'après-guerre (1946), après le bombardement.

Sur la photo de droite, on voit nettement l'îlots de maisons qui a disparu sous les bombes. Les aviateurs visaient une Kommandantur.
 


 

VICTIMES CIVILES A CALAIS

Le 27 septembre 1944, trois jours avant la libération de Calais, un bombardement en centre-ville à l'angle des rues Neuve et de Lodi fait 17 morts. Puis un dix-huitième dans un accident dans les décombres, un mois plus tard.

Le 27 février 1945, quelques mois après la libération de Calais, un bombardement des alliés, qui pilonnent Calais par erreur, fait 97 victimes civiles.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, on recense à Calais 561 victimes civiles. Lors d'une exposition à la mairie en 2015, René Ruet met des visages sur le nom de 120 victimes.


 

Les visages des victimes des rues Neuve et de Lodi

Ils sont morts dans le bombardement des rues Neuve et de Lodi, victimes collatéralles de l'attaque des avions canadiens.

Voici les visages de celles et ceux dont la vie a basculé le 27 septembre 1944.

 

A gauche, juste après la guerre, René Butez et sa soeur, ici avec deux enfants, posent sur les décombres des maisons détruites pendant le bombardement. A gauche, avant la guerre, Alphonse et Jeanne Gavelle, grands-parents de René Butez, ici, en compgnie de sa soeur Claudine.

A gauche, Fernand Lavoine, le grand-père de Valérie Lavoine ; la famille lavoine perd huit membres lors du bombardement. A droite, Roberte Legros, morte à l'âge de quatre ans : le mystère demeure autour de l'histoire de son grand-frère, Guy Legros.
 



 

Le travail fourni de Calais Photos Nostalgie

 

 

 

L'association Calais Photos Nostalgie, créée par trois passionés de photos, est portée par le calaisien René Ruet. Historien local, l'homme a organisé à Calais plusieurs expositions. Elles ont été consacrées aux victimes civiles de la Seconde Guerre mondiale, au commandant Mengin, aux anciens maires de Calais, Gaston Berthe, J.J Barthe...

Une partie du travail de l'association (en illustration une fiche de renseignements d'une victime de la guerre, Gaston Lavoine) est librement consultable sur son site internet www.calaisphotosnostalgie.com

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  • felicitations pour toutes vos expos qui sont toutes magifiques mes amitiés depuis le bas de la France pascal ps à quand une rue,une place ou un giratoire GEORGES ALLO à CALAIS ??? j'ai écrit au...

    par pascal cape
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