Les frères Béraet

Henri et Abel Béraet

 

 

Henri est né à Calais le 7 septembre 1895. Ses parents habitaient rue Francia. Son père était employé aux Ponts-et-Chaussées. Après ses études, Henri Béraet devient apprenti-dessinateur. A la déclaration de guerre en 1914, âgé de 19 ans à peine, il s’engage. Avec le 165e R.I., il participe à plusieurs batailles, est blessé, gazé. Devenu radio, il grimpe un jour à un endroit exposé, pour réparer son antenne et permettre au commandant de réclamer des renforts. Il y gagne la croix de guerre et une citation.

Après l’Armistice, il passe six mois en occupation en Allemagne. Rendu à la vie civile, il fonde un foyer. Il épouse Mlle Jeanne Fourchelot qui lui donne quatre enfants.

Il reprend son métier de dessinateur en broderie.

A la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé à Calais au 110e R.I. Il est affecté au service des réquisitions militaires. Quelques temps avant l’arrivée des allemands, il est démobilisé en qualité de père de quatre enfants. Il rentre chez lui 30, rue de Puebla.

 

Henri est parvenu à se procurer un poste émetteur allemand. Il lui servira notamment à avertir Londres de la visite d'Hitler à Sangatte. Les voitures du Führer seront mitraillées, et mises en fuite. Suite à cet incident, des voitures de radiogoniométrie font leur apparition à Calais.

Henri Béraet repère également l’emplacement de l’immeuble des Jeunesses Hitlériennes, permettant ainsi qu’il soit bombardé. Le poste émetteur lui sert également à signaler aux alliés les travaux le long de la côte.

La famille Béraet accueille également des soldats alliés. Henri se charge de photographier les candidats à l’évasion en vue de leur fabriquer de faux papiers. Sa connaissance bien que rudimentaire de l’Anglais, facilite les contacts. Les Béraet collectent aussi linge et nourriture.

En 1941, séjournant chez des parents,les Béraet croisent des soldats allemands à la recherche d’un aviateur. Mme Béraet qui a aperçu ce dernier, le dissimule derrière sa chaise longue. Ainsi l’aviateur polonais, abattu par la DCA, peut-être évacué, revêtu de vêtements civils prêtés par un berger. Il est ramené chez les Béraet où des médecins de Calais, les docteurs Drujon et Deroide l’opèrent.

 

Le couple Béraet est arrêté le 6 novembre 1942 et envoyé à la prison de Loos.

 

 

 

Henri est condamné à la peine capitale le 17 février 1943, en même temps que William Sharp, Fernand Charbonnier, Marcel Follet et Pierre Puis. Il est exécuté  au Fort de Bondues le 27 août 1943, avec Follet, Puis, Huygues et Sharp.

Il est inhumé au cimetière de Calais dans le carré des martyrs de la Résistance.

 

Dans la Cour Sacrée au Fort de Bondues

 

Son épouse, condamné à la déportation en Allemagne, est libérée par les Alliés.

La Croix de chevalier de la Légion d’honneur fut remise en 1961 à Mme Béraet par le ministre Maurice Herzog, s’ajoutant à la croix de guerre, à la médaille de la Déportation,  à la croix du Combattant Volontaire 39-45, à la Croix du Combattant volontaire de la Résistance, à la médaille de la France Libérée et à “The King’s Medal for courage in the cause of freedom”, la médaille britannique du Roi récompensant les actes de courage en faveur de la liberté.

 

Son mari ne reçu aucune décoration à titre posthume !

 

 

Abel Béraet le frère d’Henri est né le 22 décembre 1906 à Calais. Il fut arrêté le 12 avril 1943 par la Geheimfeldpolizei (GFP) de Calais pour avoir porté secours à un soldat britannique.  Mais de source sûre, de septembre 1942 à juin 1943, Abel fit passer la ligne de démarcation de Pont-d’Ardres à une douzaine d’aviateurs au moins. Les rescapés étaient pris en charge, de l’autre côté par les passeurs du Réseau "Jean de Vienne" au sein duquel oeuvrait son frère Henri, et ceux du réseau “Pat” de Gaston Berthe.

Condamné à mort par le tribunal de la Luftwaffe de Lille (Nord) le 14 juillet 1943, Abel Béraet a été fusillé le 6 janvier 1944 au Fort de Bondues.

 

Au Fort de Bondues

 

Selon d’autres sources, la condamnation à mort du 14 juillet 1943 avait été prononcée par contumace. Dans ce cas, l’hypothèse d’une arrestation en date du 6 janvier 1944, suivie d’une exécution le jour même, est avancée.

Abel Béraet repose à Calais. Une rue de la ville porte le nom des Frères-Béraet en hommage à son action et à celle de son frère Henri, lui aussi fusillé au Fort de Bondues, le 27 août 1943.

Les noms d’Abel et Henri Béraet figurent sur les monuments commémoratifs de Bondues et Coulogne.

 

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  • felicitations pour toutes vos expos qui sont toutes magifiques mes amitiés depuis le bas de la France pascal ps à quand une rue,une place ou un giratoire GEORGES ALLO à CALAIS ??? j'ai écrit au...

    par pascal cape
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