70e anniversaire de la Libération de Calais

Article du Nord Littoral du 29/09/2014

 

 

L’image et la symbolique sont fortes. Pendant que les anciens combattants défilent avec leurs drapeaux, que l’harmonie municipale tambourine le rythme de la marche et que les officiels saluent la mémoire de ces hommes morts pour que Calais et la nation survivent cette année 1944, les journaux, radios et télévisions nationales rappellent que 30 Etats unissent aujourd’hui officiellement leurs forces contre l’islam extrémiste et plusieurs dizaines de migrants qui tentent nuit et jour de passer les frontières vers l’Angleterre observent curieux l’hommage rendu aux morts.

Le visage grave des hommes et femmes présents ce dimanche, l’émotion de la famille du Commandant Mengin, cette figure historique de premier plan cher aux Calaisiens, contrastent avec une actualité toujours plus présente et plus pesante et fait réaliser qu’aujourd’hui encore la nature humaine a ses démons et que le combat n’est quelque part toujours pas encore terminé. Le sera-t-il un jour ? Nul ne le sait. Néanmoins, s’il est une certitude qu’honore la cérémonie organisée hier, c’est qu’il a existé, qu’il existe et existera toujours des personnes pour se lever et contester l’innommable et l’inacceptable. Des hommes et des femmes qui, au péril de leur vie, au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, démontrent que l’espoir est toujours permis et que, tant qu’il y a de l’espoir et des figures pour le symboliser, le faire savoir et le hurler à pleins poumons, il n’y aura jamais de fatalité. Et c’est finalement cela que chacun garde à l’esprit lors de cette commémoration des 70 ans de la libération de Calais notamment par les troupes canadiennes.

 

Hommage aux grands hommes

Dimanche, tout le monde s’est donné rendez-vous à l’Hôtel de ville de Calais pour un circuit mémoire autour de la ville avec dépôt de gerbes devant les lieux historiques. Et les anciens combattants présents depuis des années aux commémorations ne peuvent en aucune façon imaginer éviter ce jour qui a tant d’importance à leurs yeux. « Cela fait 37 ans que je participe aux commémorations, raconte Mr Pouilly, 81 ans, porte-drapeau de la légion d’honneur ce jour et décoré de la guerre d’Algérie. On a un devoir de mémoire, on ne peut pas oublier les copains ». Au tribunal d’instance, place crève-cœur, la mémoire du Commandant Mengin est saluée, lui qui a dans ce lieu chanté la Marseillaise avec les Calaisiens alors que l’ennemi était encore sur place. Sa petite-fille, Edith, qui a fait le déplacement depuis Montargis, est particulièrement émue et ne peut s’empêcher de verser une larme. « Cela me fait remonter tellement de souvenirs, s’émeut-elle. Roger Mengin pour nous n’est pas un grand militaire mais avant tout quelqu’un qui, pour la famille, a énormément compté et prend encore aujourd’hui beaucoup de place. Je suis toujours surprise de voir à quel point mon grand-père est important aux yeux de Calais. J’ai en outre perdu ma maman, il y a quelques mois, et tout cela me touche d’autant plus ».

Après un passage rue des fleurs où une plaque rappelle l’hommage du quartier à ses morts, la procession se retrouva naturellement sur le lieu d’exécution du Commandant Mengin qui décéda dans les bras du Capitaine Vendroux le 29 septembre 1944, au bout de la route de Saint-Omer. Après un dépôt de gerbes pour rendre hommage aux troupes canadiennes ayant le 27 septembre 1944 repris le Fort Nieulay aux Allemands, élus et représentants des anciens combattants se sont dirigés vers la citadelle afin de rendre hommage aux résistants fusillés en ce lieu le 3 septembre 1944. Un dernier hommage aux monuments du souvenir face au Beffroi conduisit l’ensemble au monument aux morts face au parc Richelieu pour un discours de mémoire de Gilbert Dubreucq, le président du comité d’entente des sociétés patriotiques, et de Natacha Bouchart, sénateur-maire, qui ont rappelé ensemble combien Calais doit à ses sauveurs mais aussi aux hommes et femmes de l’ombre. « Des hommes ont refusé l’inacceptable, les Calaisiens n’ont pas démérité et auront à jamais une reconnaissance inaltérable envers ces troupes canadiennes venues les libérer ». La cérémonie s’est clôturée par le Chant des partisans, entonné par Béatrice Constant, par un dépôt de gerbes du sous-préfet et du sénateur-maire et l’hymne national interprété par l’harmonie municipale.

 

Sébastien Charrière

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  • felicitations pour toutes vos expos qui sont toutes magifiques mes amitiés depuis le bas de la France pascal ps à quand une rue,une place ou un giratoire GEORGES ALLO à CALAIS ??? j'ai écrit au...

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